- Dis-moi, Mige, fais attention aux voitures, ne fait pas comme Caramel .
- Il n’y a pas d’essence, je ne risque rien
- Qui t’as dit çà ?
- Ma mère qui m’as dit de faire attention aux foules qui défilent.
- Depuis quand elle n’a pas vu la télé, ta mère. Tout çà c’est dépassé.
- De quoi parle-t-on alors à la télé ?
- De l’affaire Bettencourt
- Çà je connais. Je vais aller demander de l’argent
- Çà m’étonnerait qu’on t’en donne : il y a eu trop de bruit autour. Écoutes plutôt ce qu’on dit dans le quartier.
- Les gens sont plutôt calmes.
- À l’exception de ceux qui viennent d’arriver
- Pourquoi ne seraient-ils pas calmes, eux aussi ?
- À cause des plaintes de chien, du chant du coq
- Du cri du geai ?
- Ils n’en disent rien pour l’instant parce qu’ils ne savent pas ce que c’est.
- En quoi çà les dérange ?
- Ils n’aiment pas entendre des bêtes dans « nos quartiers » comme ils disent.
- Et eux, ils ne le sont pas un peu, bêtes ?
- Oh que si. La différence, c’est qu’ »ils se croient » comme on dit ici.
- Pourquoi n’ont-ils pas acheté au désert ?
- Parce qu’il y a des bandes de terroristes.
- Ils n’aiment pas çà non plus ?
- Non mais çà, ils peuvent en parler. Çà entretient les conversations puisque c’est loin de chez eux. Comme la pluie et le beau, l’heure d’été et l’heure d’hiver…
-Tu ne trouves pas que c’est un peu trop compliqué les hommes ? Je retourne chez ma mère!
- Et si elle ne veut pas de toi?
- J'aurai toujours mon panier. Mes nouveau maîtres m'en ont trouvé un très chouette et garni de fourrure.