- Tu le sors bientôt ton
livre ?
- Oui dans une dizaine de jours
- Et qu’est-ce qu tu vas dire ?
- Ce que j’ai déjà dit aux commerciaux qui le présentent.
- Je l’ai lu ton manuscrit. Tu dis à la fin qu’ « à la marelle de la guerre, il n’y a que des perdants ». Et les trafiquants du marché noir, qu’en fais-tu ?.
- Il n’y a pas qu’eux : ceux qui tournaient les obus, qui faisaient des moteurs d’avions, qui construisaient le mur de l’Atlantique…
- Ils étaient réquisitionnés pour la plupart.
- Çà ne les a pas empêchés de gagner de l’argent
- Quel argent ?
- L’argent que les Allemands demandaient à l’Etat français.
- Ils ne pouvaient pas faire autrement.
- Mais ils auraient pu rendre l’argent après la guerre.
- On ne le leur a pas demandé. On ne demande jamais les plus-values faites pendant les guerres.
- Alors pourquoi tu n’as pas dit qu’ « à la marelle de la guerre, tout le monde n’est pas perdant »
- Parce que je ne voulais pas faire de la peine à tous ceux qui font leur affaires en profitant de ce que les autres font la guerre.
- Alors tu dis n’importe quoi pour faire plaisir à n’importe qui ?
- Je ne voulais surtout que les pacifistes n’en profitent pas pour faire déclarer la guerre afin de faire leurs affaires.
- Mais les pacifistes ne déclenchent pas de guerres.
- Çà ne les empêche pas de vendre des armes pour se débarrasser des vieux stocks et puis ils peuvent toujours négocier des « contrats » avec le va-t-en guerre qui n’hésitent devant rien.
- Comme les gens d’affaires pendant les guerres.
- Maintenant nous sommes en paix, il n’y a plus moyen de s’enrichir ?
- Les banques sauront bien te concocter quelque moyen dans l’immobilier, les stock-options, les ventes d’armes
- Mais nous ne sommes plus en guerre
- Pour la guerre des autres, mais surtout…
- Surtout quoi ?
- Nous avons toujours la possibilité de tirer le diable par la queue.