- Tu as vu,
Sud-Ouest titre qu’ « on ne peut plus rire du tout »
- Mais non, Mouss’, j’ai bien lu, ils ont mis : « On ne peut plus rire de tout »
- Oui mais ce tout est tellement tout qu’il ne reste plus rien
- Tu exagères, il reste les Corses.
- Mais c’est bien tout ce qui reste
- Et pourquoi parle-t-on toujours des Corses quand on a du mal à dire de quelqu’un ?
- Parce qu’ils sont indépendants.
- Et pourquoi ne dit-on rien des Basques ?
- Parce qu’on risque trop.
- Et des Bretons ?
- Depuis qu’ils ont eu Bécassine, ils se méfient.
- Et des Parisiens ?
- Pace qu’il n’y a plus de Parisiens.
- De qui peut-on se moquer encore ?
- Des pauvres
- Pourquoi ?
- Parce qu’ils n’ont ni association de défense, ni avocats, ni syndicat. Même les partis politiques n’aiment pas les pauvres.
- Comment le sais-tu
- Parce qu’ils pensent tous trop à l’argent.
- Pourquoi les pauvres n’ont-ils pas d’avocats ?
- Parce qu’ils ne peuvent pas les payer.
- Ils pourraient emprunter. C’est un cas social.
-
Les gens qui aident les pauvres, ils veulent que çà se voit.
- Et le prêt, çà ne se voit pas ?
- Non et ce n’est même pas rentable. Et puis, ils sont trop nombreux, les pauvres, toutes les banques renoncent. Elles ont assez de travail, comme çà, à s’occuper de tout l’argent des autres.
- Quels autres ?
- Ceux qui ne sont pas pauvres
- Tu veux dire les riches ?
- Tais-toi, tu vas nous faire repérer si tu commence à parler de l’argent des riches.
-
C’est vrai que ce n’est peut-être pas risible du tout.
Photographies Régine Rosenthal et Jean Nogrady