- Tu as vu le journal ce matin?
- Oui, qu'est-cequi te mets comme celà en émoi?
- Qu'un festival culturel et gastronomique a organisé à Lima (Pérou)une cuisine des chats
- Des chats? Ce n'est pas le seul endroit où on en mange.
- Je ne le sais que trop mais là-bas, c'est en l'honneur d'une sainte patronne locale
- Comme les cannibales alors, qui s'appropriaient en les mangeant les vertus de leurs adversaires?
- Mais là ce n'est même pas des adversaires.
- Comme Iphigénie alors, qu'on sacrifiait aux vents mauvais?
- Même pas, il paraît qu'on les élève pour çà, pour la "fête du chat"
- La fête? Après le veau gras, le bouc émissaire.
- La preuve c'est qu'on les sacrifie par trois.
- Mais le chat n'est pas un bouc!
- Oh, tu sais, combien d'hommes a-t-on sacrifié pour rien en l'honneur d'on ne sait quel idéal. Et eux ce n'est pas par trois mais par centaines ou par miliers chaque fois.
- Les hommes, d'accord, mais les chats!!!
- Ecoutes-moi, toi, tu es un chat de compagnie. On ne te sacrifieras pas.
- Va savoir. Il n'empêche que, depuis que je sais çà, je te regarde d'un drôle d'oeil. Si tu pouvais m'offrir en sacrifice à n'importe quel boucher.
- à mon âge, je n'ai plus rien à demander, ni aux bécuts ni au diable.