- Dis-moi, Mouss’, mon maître ne travaillait pas hier . Que se passait-il ?
- C’était jour férié.
- Un four férié, qu’est-ce que c’est ?
- Un jour où on ne travaille pas.
- On va au café ?
- Non c’est un jour trop sérieux.
- Et pourquoi il était férié ?
- Parce qu’on célébrait l’armistice.
- L’armistice, qu’est-ce que c’est ?
- On célébrait l’anniversaire de la fin de la guerre de 14.
- Il n’y en a qu’un armistice ?
- Il y a aussi le huit mai.
- Le huit mai ?
- Oui l’anniversaire de la fin de la guerre de 40
- Et l’anniversaire de la fin de la guerre de 70 ?
- Non, là, cette guerre elle était perdue. On n’en fête pas la fin.
- Pourquoi, on voulait la continuer ?
- Que tu es bête. Bien sûr que non ! Quoique…
- Et avant, quel armistice victorieux tu connais
- On n’en fête aucun d’avant le XXè siècle.
- Parce qu’on a perdu toutes les guerres avant ?
- Non, on a gagné la guerre de Cent ans.
- Quand c’est l’anniversaire de l’armistice ?
- Il n’y a pas eu d’armistice.
- Parce qu’on l’a perdue ?
- Tu penses bien qu’une guerre de Cents ans, on ne pouvait que la gagner. On a mis le temps, mais on l’a gagnée ?
- Les Bordelais ont dû être contents
- Pas trop !
- Alors qu’est-ce qu’ils font les historiens ? Ils ne peuvent pas en trouver la date.
- C’est trop loin mais on fête le 14 juillet.
- C’est un armistice aussi ?
- Non l’anniversaire de la prise de La Bastille.
- Çà a duré longtemps ?
- Une journée.
- Et on dépose une gerbe au monument aux morts de la journée du 14 juillet ?
- Non, c’est un symbole
- Ah, bon ! Combien il y en a des jours fériés ?
Je ne sais pas. Il vaut mieux ne pas compter. Tu es trop petit encore.
Photographies Régine Rosenthal et Jean Nogrady