- D’où viens-tu Mouss’, je ne t’ai pas vue ce matin
- Je viens de chez le veto. Tu ne connais pas encore. Tu es trop petit, c’est un pédo-veto qu’il te faut et les rendez-vous sont longs à obtenir.
- Il t'a gardé si longtemps?
- Non mais j'ai attendu longtemps et, avec lui, le plus long, çà a été pour faire le clèque
- Tu avais oublié ta carte vermeille ?
- Il n’y a pas de carte vermeille pour les chats.
- À quoi çà sert, la République des chats s’il n’y a pas d’avantages sociaux ?
- C’est parce que nous comptons trop sur nos maîtres.
- Mais c’est du paternalisme, çà.
- Et ce n’est pas toujours avantageux.
- Que veux-tu dire par là ?
- Je suis allé voir le kiné, après, pour un rhumatisme. Depuis qu’il n’y a plus de peau de chat tribo-électrique il faut faire appel aux kinés.
- Et qu’est-ce qu’il a fait le kiné.
- Il m’a pris pour un humain. Il a pris les sous et il est allé bavarder avec la kiné d’à-côté.
- Seulement bavarder
- Je ne sais pas parce qu’il n’est arrivé qu’une demi-heure après.
- Et qu’est-ce que tu as fait pendant ce temps-là ?
- J’ai attendu.
- Et quand il est revenu ?
- Il m’a dit : vous revenez la semaine prochaine, même heure.
- Tu n’as rien dépensé alors ?
- Si il m’a pris douze euros.
- Ce n’est pas de la conscience professionnelle, çà.
- Ils paraît que c’est çà depuis qu’il y a la couverture universelle. Ils ne veulent pas faire de jaloux et traitent tout le monde de la même manière.
- Ils donnent aux chats de la bonne médecine d’humains.
- Ils en profitent ?
- Oui, et les pharmaciens aussi qui te vendent des médicaments non prescriptibles à prix non prescrits.
- Qu’attend-on pour manifester notre mécontentement ?
- Il n’y a pas de mécontentement dans ces cas, pas de manifestation de rues, pas de casseurs.
- Pourquoi ?
- Parce que ce n’est pas politique.
- Je sens que çà me chatouille et que à) me gratouille.
- Je reconnais bien là l'impatience de la jeunesse.