- Tu me parlais de Molière l’autre jour. Tu ne connais rien d ‘autre de
lui ?
- Si les Femmes savantes et les Précieuses ridicules
- Heureusement que tu es une chatte, autrement tu me ferais juger pour discrimination sexuelle.
- Mais les femmes savantes, c’est très bien qu’il y ait la parité et je connais bien des hommes qui seraient Trissotin.
- Çà ne fait rien, les esprits superficiels ne vont pas chercher si loin quand leur ego les chatouille.
- C’est vrai que les précieuses ridicules, ce n’est pas mal
- Surtout quand elles adhèrent à l’Académie de Trissotin.
- Je connais bien des gens qui ne voient pas autrement :
Il n’y aura que nous qui sache bien écrire.
- Et tu crois que les autres…
- N’ont jamais su écrire comme moi.
- Tu me fais rire avec tes pattes de chat.
- Tu verras quand j’entrerai à leur académie! Déjà que personne ne miaule à la lune aussi bien que moi.
- L’Académie des chats?
- Je me vois bien installée dans un transat au pied des académiciens réunis tricotant des mots doux, agréables, gentils, … Nous tiendrons salon sur le dôme de l’Institut, bien assis dans les commodités de la conversation en inventant des mots nouveaux.que nous imposerons aux autres.
- Des miaulements nouveaux tu veux dire.
- Écoutes çà :
Fallait-il que je vous aimasse
Que vous me désespérassiez
Et que je vous idolâtrasse
Pour que vous m’assassinassiez
- Calme-toi fillette : la lune suivra toujours le soleil et là, c’est autre chose.
- Nous embaumerons l'ambre et le mimosa.
Photographie de Régine Rosenthal