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Nul n’a jamais su ce qui s’y disait mais,
outre les plaques noires d’herbues brûlées le long du ballast et posées là comme des cartes de visite cornées, les trains fantômes laissaient dans l’air comme une odeur de soufre. On dit qu’après
leurs passages, qui énervent les enfants et la volaille, on trouvait quelque part sur la ligne un étranger souvent étrange sans bagage et sans mémoire, débarqué par le plus
grand des hasards au milieu d’une population amnésique.
C’est ainsi que les sorciers ont disparu de la lande, happés par les chemins de fer. C’est du moins ce que croient les ingénieurs de la SNCF et les anthropologue patentés plus habitués, il est vrai, aux études concernant les peuples étrangers qu’à l’observations des phénomènes qui se passent chez nous..
Photographie Régine Rosenthal