- Je voudrais faire un journal. Où
puis-je m’adresser ?
- Tu as déjà un blog, qu’as-tu besoin d’un journal
- Une blog ça passe, un journal ça reste, ça se lit.
- Mais ça mange du papier
- Oh, tu sais entre le papier sopalin, les serviettes en papier, les assiettes en carton et le rouleau de papier toilette, ça doit valoir tous les journaux et tous les livres de la terre.
- Et que veux-tu faire d’un journal ?
- Un libelle.
- Tu as une dent contre quelqu’un
- Pas une dent, des dizaines de griffes
- Et contre qui ?
- Mon Président.
- Tu as un président maintenant, un chat-président ?
- Tu en as bien, toi
- Et que fais ton président
- Il préside
- C’est à dire ?
- Ilfait comme les tiens : il préside, parade, fais des ronds de jambe, va manger à tous les buffets parle aux personnalités et n’écoute jamais ses administrés.
- N’est-ce pas la fonction d’un président d’écouter ?
- Si mais il ne le fait pas.
- Il veut éviter la chienlit
- Sois poli. Tu oublies que je suis un chat-lit, un chat qui lit
- Ton président ne lit jamais ?
- Non, il dit et ça suffit.
- Il n’écoute jamais ?
- Il n’écoute que ceux qui disent comme lui.
- C’est la fonction d’un président de se ranger à la majorité.
- Mais c’est lui la majorité.
- Et les pouvoirs ?
- Ça s’arrange, quand les gens n’ont aucune envie de se déranger.
- Pourquoi a-t-il besoin d’une association alors ?
- Parce qu’il a besoin de sponsors à peu de frais, des administrés silencieux dont il puisse se réclamer sans jamais être contredit.
Et mon chat, qui n’écoutait déjà plus s’en allait en proclamant
Monsieur le Président, je le dis sans façon
Vous êtes président, vous avez donc raison.
Et ron, ron, petit patapon….
Photographies Régine Rosenthal