- Tu compte donner des aubades à ta copine orientale
-
Tu sais bien que nous, les chats, ce sont plutôt des sérénades que nous donnons. Écoutes :
‘Nous sommes les chats de la nuit
miaou, miaou
Personne avec nous ne s’ennuie
Miaou, miou »
- Et vous avez du
succès avec ta scie à miaou ?
Je
Je te crois. Si tu voyais venir les chats, quand nous arrivons, il en sort de partout.à la fois, de sur les toit dans les greniers, les brocs, les caisses, la jardinaières…Tu peux pas
savoir.
-
Vous avez une cloche pour vous annoncer ?
- Bien sûr
- Tu n’as pas peur que ça fasse un peu armée du salut ?
- « Nous chantons nos amours,
Toujours…
Nous les chantons sur tous les toîts
Nous les chantons aussi pour toi
Sur les toits des maisons
Dans les cours nous miaulons
Trompettes et violons
Il faut des picaillons ».
- Parce que vos concerts ne sont pas
gratuits ?
- Mon maître veut que nous rapportions de l’argent, beaucoup d’argent.
- C’est moi que tu mets en cause ?
- Non, toi, tu es le petit maître. Je parle du grand maître manitou, celui qui nous fait chanter.
- Qui vous fait chanter ?
- Il m’a demandé mon compte en banque
- Et qu’est-ce qu’il en a fait ?
- Il l’a vidé.
-
Tu ne lui a rien dit ?
- Non, parce qu’il m’a donné à lire un livre très intéressant et très instructif que je te conseille. Il s’intitule « Quelques pensées pour mieux chanter selon la méthode de maître Gourou » aux éditions Chantons clair et buvons frais.
-
Et tu crois en ce qui est écrit ? Ce serait bien la première fois.
- Il est le maître, il faut le
croire. Il a tous les pouvoirs : c’est lui qui dispose de

notre argent, de notre énergie, de notre synergie, de notre fantaisie, de notre libido (do ré mi fa sol do).
Il a une machine à mesurer notre savoir faire, il a le secret des
bouillons à assouplir nos cordes vocales qui font chanter ceux qui sont aphones et payer ceux qui sont avares.
- Ça sent la secte tout ça. Ta copine, elle en fait partie ?
- Bien sûr que si parce qu’autrement, chantant faux comme je chante, je n’aurais jamais oser y aller.
« Nous chantons dans les gouttières
Nous chantons dans les carrières…
-
Suffit !

- Tu vois bien que c’est toi qui est contre MA
liberté !
- -
Franchement, je ne vois pas pourquoi.
Photographies d'Antine, Régine Rosenthal et Cécile Durand