- J’ai un copain qui m’a dit que je
ne sais pas me vendre.
- Pourquoi dis-tu çà ?
- Parce que je n’aime pas être vendu moi, pour qu’on me découpe ensuite en morceau.
- Ce n’est pas çà qu’il a voulu dire. Il voulait dire que tu ne sais pas parler ou faire parler de toi.
- Çà sert à quoi, çà ?
- À ce qu’on te salue dans la rue, qu’on te reconnaisse, à ce qu’on aide à ta carrière
- Une carrière de chat, tu veux rire !
- À ce que tes maîtres et moi-même soyions fier de toi…
- Parce que vous ne l’êtes pas après tous les efforts que je fais pour vous ?
- Mais la considération des autres, çà rejaillirait un peu sur nous, songes-y.
- Y a-t-il des deux pattes qui sachent se vendre ? Dis !.
- Oh oui, pour une carrière que ne ferait-on pas ? La cote d’amour, la promotion canapé…
- La promotion canapé ?
- Oui une femme qui sait se vendre pour un poste de secrétaire du patron.
- Et le patron ?
- Le patron l’achète en lui donnant le poste.
- C’est du troc, çà, ce n’est pas se vendre. C’est kif kif !
- Mais la femme cherche à se libérer des contraintes.
- Et l’homme ?
- À lui imposer des contraintes.
- Ils ont ce qu’ils veulent alors ?
- Non, le contraire.
- Comment le contraire ?
- L’homme se met un fil à la patte, surtout s’il est marié
- Et elle ?
- Elle est piégée dans de nouvelles contraintes.
- Tu lui conseillerais d’être libre et pas à vendre
- Sûrement
- Et si cette femme était laide, tu dirais pareil ?
- Alors, là, il y a d’autres moyens pour éviter la concurrence.
- Et quoi donc ?
- Qu’elle essaie le carnet d’adresse, la mandoline, le chantage, les petits cadeaux…
-
Ils entretiennent l’amitié… Mais, avant l’amitié, il n’y aurait rien ?
- Si, les gros cadeaux.
- C’est çà qu’on t’as appris à l’école ?
- Ni à l’école, ni à la maison
- Où çà, alors ?
À la télé quand je regarde la pub, les réclames, le coaching, les nouvelles…. Je réfléchis, moi !