- Tu as vu, me dit Mouss’, on poursuit les sportifs qui se droguent.
- Le suicide n’est pas interdit, que je sache ?
- Mais si. Le drogue est un produit à risques
- Comme l’alcool, la cigarette, la voiture, les sorties en mer, le ski en dehors des pistes, la traversée des rues…
- Oui, mais la drogue, on peut l’empêcher
- Comme le reste, pas tellement.
- Çà te gêne pas, toi, qu’on prenne de la drogue ?
- Que les gamins en prennent, oui, beaucoup mais on les laisse consommer tout ce qu’ils veulent.
- Si je te comprends bien, les adultes sont mieux surveillés que les enfants.
- C’est presque çà.
- Tu n’as jamais entendu dire qu’on pourrait libérer certaines drogues ?
- Pas pour les sportifs.
- Et pourquoi ?
- Peut-être parce qu’on s’en fout des enfants. On en fera d’autres.
- Je sais, c’est Alphonse Allais qui l’a dit pour consoler une mère inquiète.
- Et pourquoi ne pas laisser libre les sportifs ?
- Parce que c’est pire qu’un suicide, c’est de la triche.
- Tu veux dire qu’on aime tellement la vérité qu’on ne supporte pas la triche ?
- Je n’aime pas qu’on mente.
- Parce que tu n’as jamais entendu de mensonge sans frémir ?
- Tous les mensonges ne me font pas frémir.
- Et si on libérait la drogue pour adultes ? Il y a des grands hommes qui en ont pris, et on le sait.
- Libérez la drogue pour les adultes si vous voulez mais pas pour les sportifs
- Pourquoi ?
- Parce que nous aimons les sportifs
- Et pas les enfants ? Pas les grands hommes ?
- Ils font ce qu’ils veulent, ce n’est pas mon problème.
Photographie Jean Nogrady