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Mon chat raconte la véridique histoire de trois vieillards de Bazas brûlés comme sorciers en 1637

Je ne sais où mon chat a trouvé cette histoire. Il paraît qu’il l’a lue dans de vieux grimoires chez la diseuse de bonne aventure qui l’employait dans une autre vie. Il tenait absolument à la mettre en ligne prétextant qu’il s’agit là d’une histoire véridique qui vit son épilogue le 11 février 1637.

 

« C’est une histoire du temps du bon roi Louis le treizième du nom. Corneille venait de faire jouer le Cid et Descartes mettait au point son discours de la méthode. Il y avait alors dans Bazas trois vieux qui ne connaissaient ni Descartes ni Corneille et qui avaient l’habitude de se réunir dans un estaminet proche de la cathédrale. Ils avaient nom Pottier, Galeton et Jassou, parlaient peu mais buvaient sec de ce vin du haut pays qu’on ne vendait pas encore aux Anglais. C’est d’ailleurs pourquoi ils le buvaient, non par obligation mais par satisfaction d’organismes que ne soutenaient plus beaucoup les années. Le plus jeune avait soixante ans et d’avoir vécu si vieux les faisait déjà un peu sorciers. Les honnêtes citoyens de Bazas ne doutèrent plus qu’ils le fussent quand ils surent que les vieux tournaient autour d’une jeunette de réputation bourgeoise et sage ( deux termes qui ne vont pas forcément ensemble mais qu’on appliquait à le jeune Florimonde).

Elle ne baissait jamais les yeux au-dessous de ce que permet l’honnêteté. C’est dire qu’elle était jeune, belle, bourgeoise et sage. Le malheur, c’est qu’on la disait aussi  possédée du démon, que les trois vieux lui avaient jeté un sort…. Elle criait dans les prés, dans les champs, dans la ville même et n’arrêtait de crier que lorsqu’on l’aspergeait d’eau bénite. D’un côté le claret, de l’autre l’eau bénite. Ce qui devait arriver arriva. Galeton, Jassou et Pautier furent soumis à la question d’où il apparut que les diables étaient à leur service, rompant les cordes dont on les frappait et gardant aux condamnés la bouche close, ce qui est preuve suffisante en démonologie.

Aussi est-ce en leur grande sagesse que Messieurs les juges et gens du Roy donnèrent sentence qu’ils fussent

Condamnés à faire amende honorable nuds en chemise

La corde au col

Tenant chacun un gros flambeau de cire ardente

Estant à genouil

Demander pardon au Roy et à la justice (qui en avait bien besoin)

D’estre conduits hors la ville

Brulez vifs

Chacun en un poteau

Qui pour cet effet leur seroient dressez.

& leurs cendres jetées au vent.

 

Quand le bûcher fut embrasé on aperçut Florimonde, poussée par quelque puissance infernale, se précipiter dans le feu et tout aussitôt, dans un crépitement d’étincelles et des volutes d’encens, surgir des flammes dans les bras d’un jeune homme beau comme un dieu. On n’a jamais retrouvé de cendre humaine, rien que trois pieux calcinés.

C’est ainsi que Florimonde disparut comme disparaissaient les filles en ce temps, par enlèvement de princes désenvoûtés. »

-         Tu y crois, toi, à trois vieillards transformés en un seul jeune homme ?

-         Çà, c’est la rumeur qui le dit

Toujours est-il que les Bazadais, trompés par leurs juges, fatigués de brûler des vieillards, dégoûtés par les odeurs nauséabondes d’une époque sans pollution autre que les bois de justice, préfèrent aujourd’hui n’immoler que les bœufs dont ils font les héros de leurs fêtes.

 Photographies de Régine Rosenthal

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B
<br /> J'ai eu la même, pendant plus de 14 ans. Elle s'appelait Charlotte.<br /> Elle me manque.<br /> <br /> <br /> La même<br /> <br /> <br />
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C
<br /> Elle racontait des histoires, aussi?<br /> <br /> <br />
R
<br /> Ah l'inquisition... mais cette histoire finit bien, j'en suis ravie, elle permet d'oublier les autres où des milliers d'innocents furent massacrés après avoir "avoué" tout ce qu'on leur<br /> demandait..;<br /> Merci pour ce conte Charles, je me suis régalée..<br /> <br /> <br />
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C
<br /> Si on leur demande, c'est pour pouvoir les punir.<br /> <br /> <br />
L
<br /> bonsoir Charles<br /> c'était plus courant de brûler les femmes sorcières- mais il y avait aussi des hommes -<br /> là c'est poètique pour la fin !!<br /> les femmes rousses - qui connaisaient le sremèdes etc étaientsouvent la cible du bucher !!<br /> toujours les pauvres femmes !!<br /> <br /> bonne soirée amitiés Lady Marianne<br /> <br /> <br />
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C
<br /> Les hommes, c'est plus difficile, ils cherchaient la pierre philosophale. Les femmes, c'estaisé : ce sont souvent leurs fiancés qui dénonçaient des jeunes femmes trop entreprenantes. Car les<br /> sorcières étaient jeunes, et souvent insolentes.<br /> <br /> <br />
G
<br /> Fascinant....D'autant qu'il y a dans les yeux de ce Chat noir quelque chose d'envoutant si ce n'est maléfique. Je ne serais pas autrement étonné qu'il fût l'instigateur de cette magie.<br /> <br /> <br />
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C
<br /> Si ce chat n'était aide-diseuse de bonne avanture je l'aurais cru aide-sorcière.<br /> <br /> <br />
Q
<br /> J'ignore si elle est vraie, mais j'avoue que je n'irai pas vérifier. C'est une superbe histoire, et j'aime qu'elle finisse bien.<br /> <br /> Trois vieillards pour un beau prince... c'est joli.<br /> La belle en sera ravie à plus dun titre. S'ils ont donné au prince leur expérience, elle sera heureuse en amour et dans la vie. :)<br /> <br /> Merci pour ce très beau conte, Charles. Passez une bonne journée.<br /> <br /> <br />
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C
<br /> L'histoire est vraie, au moins le début. Si elle finit bien c'st bien le hasard, mon chat la poussant, mine de rien...<br /> <br /> <br />