- - Alors,
Mouss’ que fais-tu ?
-
Je pense
- À quoi penses-tu
- Je pense donc je suis
- Et c’est comme çà que tu penses, pour suivre les autres.
- Que veux-tu, c’est comme çà. Aujourd’hui on a besoin de faire masse.
- Et qui veux-tu suivre ?
- Celui auquel je pense
- Le fort en gueule ?
- Le fort en tout.
- C’est beau tout çà mais de mon temps on ne pensait que pour se suivre soi-même.
- Pourquoi se suivre puisque l’on est. Autrefois on ne demandait pas l’avis des gens pour faie de la politique
- Et maintenant ?
- On les noie en colloques, en rencontres, en commissions, en séances de discussion, en prises de paroles
- Quelles différences y a-t-il entre tout çà ?
- Aucune.
- Çà fait quoi ?
- Çà soûle.
- Parce qu’on boit ?
- Non mais on parle pour ne rien dire et c’est pareil.
- C’est la stratégie du Café du Commerce ?
- Un peu çà mais il paraît que les cafés disparaissent
- C’est pour çà qu’on fait ces discussions dans les salons ministériels des palais de la république.
- Oui, et pour ne pas trop boire aussi, on y sert des bouteilles d’eau.
- Pour avoir quoi, en fin de compte ?
- L’onction du peuple.
- L’extrême-onction ?
- Avec tes idées tu vas dire encore que je cherche la mort des politiques
- Non point puisque tu vas te perdre avec eux.
- Qui t’as dit que je vais me perdre ?
- Même si tu gagnes tu n’es rien, rien qu’un pion qui suit et qu’on déplace au besoin.
- Nous somme la piétaille de la politique
-
Tu pourrais en être l’artillerie
- Tu sais ce qu’il disait Machiavel de l’artillerie ?
- Qu’est-ce qu’il disait ton Mac à fiel ?
- Que l’artillerie tire du côté opposé à celui où on la tire
- Et çà veut dire quoi, çà ?
- Que ce n’est pas toujours où tu veux tirer que tu tires
- Le canon cintré pour tirer dans les coins, je connais.
Toi aussi, tu as lu Camember ?