- Pourquoi y a-t-il tant de gens en rade dans les aérodromes.
-
On dit en rade pour un bateau, pas pour un avion
- Comment dit-on alors ?
- En attente
- Pourquoi sont-ils si longtemps en attente ?
- Parce qu’il y a de la neige.
- Les pauvres ! Où allaient-ils ?
- À la neige.
- De quoi se plaignent-ils puisque la neige vient à eux
- C’est pas pareil.
- Ce n’est pas la même neige ?
- Si
- Pourquoi alors s’entassent-ils dans les halls d’aérogare ?
- Ils attendent que la neige fonde
- Pour aller où ?
- À la neige.
- Tu te moques de moi ou quoi ?
- Les avions sont de gros oiseaux fragiles qu’on ne prend ni l’hiver quand il gèle et qu’il y a de la neige, ni l’été, quand les volcans crachent des poussières, ni quand il y a des terroristes à bord, ni quand les aiguilleurs du ciel ne manœuvrent plus les aiguilles.
- Mais alors, pourquoi prennent-ils l’avion plutôt que le train
- Pour aller plus vite
- Et pourquoi attendent-ils
- Pour gagner du temps
- Ils ne savaient pas qu’ils devaient attendre ?
- Si ils ont écouté la météo avant de partir
- Je ne comprendrai jamais rien à ce monde moderne où l’on quitte la neige pour aller à la neige, où l’on attend pour aller vite et où l'on espère toujours un miracle du gouvernement.
- C'est comme dit Lagardère : "Si tu ne viens pas à la neige, la neige ira-t-à toi."
- C'est çà la démocratie. Pour une fois que même les pauvres ont beaucoup de neige...