- Qu’as-tu Mije ?
- Aujourd’hui, je suis en colère
- Tu n’est plus seulement indignée ?
- Je suis furieuse, j’ai envie de pleurer, de mordre, de griffer…
- Ce n’est pas contre une institution, j’espère ?
- Si, la justice
- Là, tu n’as pas le droit : une affaire jugée et une affaire jugée.
- Mais la justice vient de relâcher des voleurs
- Ils n’ont peut-être pas fini leur travail.
- Et les violeurs, ils n’ont peut-être pas fini non plus ?
- Si ce sont des violeurs en série sûrement pas.
- Alors j’achète une arme ?
- Tu n’auras pas le droit de t’en servir.
- Je ne peux pas faire justice moi-même ?
- À quoi ils serviraient, les juges.
- Si je comprends bien, ils ont le droit de s’indigner pour les autres et pas moi ?
- Le justice ne s’indigne pas.
- Pas étonnant, alors, qu’elle permette tout. Que faut-il pour que je sois protégée d’un violeur en série ?
- Qu’il viole quelqu’un d’autre
- Et qu’il la tue ?
- Accessoirement. S’il ne veut pas être reconnu.
- Ils savent çà les juges ?
- Bien sûr
- Mais c’est de la non assistance à personne en péril…
- On fait des vaccins contre la grippe, on retire de la vente des médicaments dangereux, on jette de la nourriture dépassée par mesure de précaution…
- Et on ne retire pas un individu dangereux.
- Tu sais, il n’est considéré dangereux que quand il est passé à l’acte.
- La première fois, mais les autres, à répétition
- On attend pour savoir s’il y aura répétition.
- Combien de fois ?
- autant de fois qu’il le faut.
- Mais c’est le principe de la chèvre, çà ?
- Comment le principe de la chèvre ?
- La chèvre qu’on attache à l’arbre pour faire venir le tigre.
- Sauf qu’ici, on lâche le tigre pour savoir où est la chèvre
- Mais c’est ignoble
- Oui
- Et on laisse faire çà aux juges
- Aux juges de la liberté, oui.
- Ils n’ont peur de rien ?
- Il faudrait que les juges fassent le chèvre un jour.