- Tu as vu, Mije, cet âne qui chiait de l'or
- La poule aussi elle en pondait
- ça intéresse Bercy, çà
- Ils sont taxés à combien?
l'âne à la diarrhée perpétuelle.
- Tu es sûr qu'il chiait de l'or
Perrault le dit. Ecoute :
"
Quand
Peau d’Âne eut épousé son
Prince tout le monde crut ses mauvais jours passés et qu’elle allait laisser sa défroque de vieille peau aux orties tant elle paraissait belle dans ses nouvelles robes, l’une couleur du temps,
l’autre couleur de jour. Une équipe du service de l’environnement avait détruit, le lendemain même des noces, la métairie où elle avait été si malheureuse, en butte à tous les quolibets. Les
valets - insolente vermine - et la fermière qui l’avaient méprisée en si basse condition avaient été relogés au diable et ses souvenirs de miséreuse tous brûlés jusqu’aux torchons et à l’auge
qu’elle avait lavés. La jeune femme paraissait vouloir oublier le passé et se lavait désormais tous les jours.
Bien qu’ils eussent fouillé partout les démolisseurs ne trouvèrent nulle part la dépouille de l’âne. On la crut perdue. On en médit car le bon peuple ne veut jamais croire aux fables qu’on lui sert. Un âne qui “chiait” de l’or? Allons donc. C’est bon pour le loto ou pour la Française des Jeux. Tout le reste est illusion. On ne se privait point de le dire".