Photo Régine Rosenthal
Ce matin, de bonne heure, j'ai trouvé cinq jeunes chats devant ma porte
"Que venez-vous faire ici?
- On vient voir ton chat, il veut nous montrer son blog."
Je le vis arriver, en effet, fier comme un internaute chevronné qui reçoit quelqu'un qui n'y connaît rien
Les petits l'admiraient : "regarde, il se chat-vane comme un pas-chat qui chat-rente". C'était un petit qui ne maîtrisait pas encore le langage des chats. Il voulait dire que mon chat se
pavanait comme un pacha qui vit de ses rentes, ce qui n'est pas tout à fait faux.
"Venez dit mon chat en se dirigeant vers mon bureau"
Pour le coup, j'ai craint pour le désordre de mes dossiers.
"Vous voyez, là, c'est la souris"
Comme l'un d'eux voulait jouer avec
"Ne touche pas à la souris, c'est utile.
- C'est toi qui nous dit que la souris, c'est utile?
- Oui, pour ouvrir l'ordinateur et dire si les huîtres sont bonnes.
- La même?
- Non, celle-là est mécanique et l'autre est d'élevage
- Pouah (C'est dit tous ensemble : ils ne rêvent que de souris de plein air, labellisée)
- Oui on leur fait une injection d'huîtres
- Comme aux Etats-Unis les condamnés à mort
- Si tu veux sauf, qu'ici ce sont les ostréiculteurs qui sont condamnés à ne plus vendre."
Le bras rond, la souris au bout de la patte, mon chat cherchait son poème préféré, toujours le même.
J'ai horreur de la lecture,
Je déteste l'écriture
"Tu n'aimes rien, alors?
- Si, le tricot, le clic-clac des aiguilles et, quand la pelote de laine est par terre, j'adore.
Les cinq chats suivaient des yeux, fascinés, babines tremblantes, pattes impatientes de donner un coup de griffe comme lorsqu'ils veulent nous retenir.
Ils bavaient devant la flèche qui courait sur l'écran.
Craignant une catastrophe, je me crus autorisé à intervenir.
Allez jouer, leur dis-je, comme on dit "allez vous coucher" aux enfants dont on veut se débarrasser.