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4 décembre 2009 5 04 /12 /décembre /2009 06:36

      -         Es-tu content de ton Académie ?

      -         Oui, nous avons commencé les travaux.

      -         Qu’y faites-vous ?

      -         Nous nettoyons la langue française

      -         Vous la nettoyez ?

      -         Oui, nous enlevons rat partout où il se présente

      -         Comment donc ?

      -         Ca-rat-mel devient camel

      -         Espèce de chameau !.

      -         Chameau si l’on veut mais çà sent le mirage, le légionnaire, le sable chaud et l’aventure

       -         As-tu d’autres exemples.

      -         Dé-bas-rat-ssé, devient débassé

-         Je n’en vois pas l’intérêt.

      -         Débassé, dépassé, même chose, il faut s’en débarrasser.

-         Et ca-rat-bi-né devient cabinet

-         Je ne veux pas y penser : tous ces problèmes de tout à l’égout me soulèvent le cœur

-         Dis plutôt que tu as peur de salir ton bel habit d’académicien

-         Nous voulons aussi normaliser le langage des chats

-         C’est une bonne idée qui va bien aider nos maîtres. 

-         Pour sortir, nous disons miaou

-         Et pour réclamer à manger ?

-         Miaou

-         Tu ne peux pas mettre le même mot pour deux actions différentes.

-         Nos maîtres disent bien que les poules couvent derrière le couvent sans que couvent et couvent les gêne.

-         Je veux bien. Quoi encore

-         Pour dire je t’aime, je ronronne

-         Çà, je le sais déjà, mais avez-vous assez de mots à votre disposition ?

-         Oui ; bien sûr :miiii, maou ; mrrrr, et tous ceux que nous allons inventer.

-         Çà va prendre du temps

-         L’Académie Française a commencé il y a trois cent soixante quinze ans et ce n’est pas fini

-         C’est que la langue change

-         C’est pour çà que nous allons commencer par la fin

-         Par la fin ?

-         Oui par les SMS, C dans l’air

-         L’air du temps ?

-         Non, de l’Académie

-         Pourquoi vous donner tant de mal pour des inscriptions qui changent à chaque appel ?

-         Ne sommes-nous pas les historiens du langage ?

-         Lequel, le beau, le populaire ou le scolaire ?

-         Nous allons fondre tout ça ensemble, comme les patois dans la langue française

-         Mais pas l’argot

-         Il y en avait trop, par métier, par clan, par bande, par individu…

-         Comme les SMS

-         Ne t’en fais pas nous ferons le Balylonien des temps modernes.

-         Et le livret pour mode d’emploi

-         Ce livret, comme tu dis, s’appellera LE GRAND LIVRE DU CHAT-MOT

-         Vous en alignerez les mots ?

       -     Nous les tricoterons.
      - Tu n'as rien à ajouter?
- si, nous le publierons à la patte d'écrivains, les éditions de la bonne pâte.
Photographies de Régine Rosenthal et Hélène Durand
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2 décembre 2009 3 02 /12 /décembre /2009 06:32

Caramel est tout fier d’avoir découvert un poème À une chatte dans « le coffret de santal » de Charles Cros et il l’a recopié pour son académie.

 

Chatte blanche, chatte sans tache,

Je te demande, dans ces vers,

Quel secret dort sous tes yeux verts,

Quel sarcasme sous ta moustache

 

Tu nous lorgnes, pensant tout bas

Que nos fronts pâles, que nos lèvres

Déteintes en de folles fièvres,

Que nos yeux creux ne valent pas

 

Ton museau que ton nez termine,

Rose comme un bouton de sein,

Tes oreilles dont le dessin

Couronne fièrement ta mine.

 

Pourquoi cette sérénité ?

Aurais-tu la clé des problèmes

Qui nous font, frissonnants et blêmes

Passer le printemps et l’été ?

 

Devant la mort qui nous menace,

Chats et gens, ton flair, plus subtil

Que notre savoir, te dit-il

Où va la beauté qui s’efface,

 

Où va la pensée, où s’en vont

Les défuntes splendeurs charnelles ?

Chatte détourne tes prunelles ;

J’y trouve trop de noir au fond

 

-         Tu vois, me dit Mouss’ j’avais raison de mettre nos pensées en discussion puisque c’est ce que Charles Cros demande à la chatte. Et c’était quelqu’un Charles Cros.

Mais tout fier de sa trouvaille, Caramel répète à tout vent

Chatte blanche, chatte sans tache

Quel secret dort dans tes yeux verts
Quel sarcasme sous ta moustache ?…

-         Il se prend vraiment pour un cabot, dit Mouss’. Ces jeunes sont inconséquents, ils ne pensent jamais à ce que deviendront leurs enfants.

-         Laisse, lui dis-je, il est bien jeune, il a bien le temps d’y penser

-         Que leur apprend-on à l’école ? C’est scandaleux. : rien que des vers, des fariboles.

Et il partit en bougonnant « C’est égal, rien ne vaut de philosopher : où va la beauté qui s’efface ? ».

-         Le noir au fond des prunelles, qu’en fais-tu ?

 

 Photographies de Régine Rosenthal

 

 

 

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