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15 avril 2010 4 15 /04 /avril /2010 07:28

4-copie-2.jpg      -         Je t’ai laissé le clavier. Tu peux y aller.

      -         Je vais leur parler de souris

      -         De souris ? Pourquoi de souris ? Tu ne peux pas dire d’ordinateur comme tout le monde ?

-              Non de vrais souris avec une longue queue et des oreilles rondes.

       -         En quoi tu crois qu’elles intéressent l’informatique, tes souris ?

-              Pas l’informatique, l’ostréiculture. 

      -         Encore ? Il n’y a plus de test de souris en ostréiculture.

      -         Justement, c’est pour qu’on se souvienne que la science se plante quand elle utilise des souris. Écoutes.

      -         In memoriam ?

-         Non :

-         Par précaution

 

 

J’aurais voulu ce soir t’amener quelques huîtres ;

Il n’y en avait pas aux étals des marchés :

D’honorables savants suivis de quelques cuistres

Nous ont bien disséqué tous leurs vices cachés.

 

Ausone, Rabelais, Guillaume Apollinaire,

Balzac, qui s’en goinfrait, et toi, Casanova,

Vous ne pesez pas lourd face à leur commentaire

C’est grâce à la souris que la science innova.

 

Ne vous baignez jamais près de l’ « algue mortelle »

Ainsi qu’à la radio on dit par précautions

D’une algue qui, déjà, nous donne des boutons.

 

Attendons toutefois que l’on nous joue la belle

La science, de nos jours, est un référendum :

Quend un labo dit oui, l’autre labo dit non.

Mouss’

 

Et c’est pour cela que, depuis, mon chat n’aime plus les souris. A.jpg

 

Photographies de Régine Rosenthal

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14 avril 2010 3 14 /04 /avril /2010 07:29

-         Alors, tu l’as lu mon livre ?

-         Bien sûr il parle de guerre

-         Pas du tout, il parle d’une ville balnéaire pendant l’occupation

-         Tes deux gamins, ils jouaient à la guerre.

-         Pas du tout, ils jouaient dans une ambiance de guerre, de queues chez les commerçants, de vie au ralenti

-         Que veux-tu dire au ralenti ?

-         Pas de fêtes, pas de bals, pas de touristes, pas de tri de poubelles, pas de CO2

-         Vous étiez tranquilles sans touristes…

-         Il y avait bien des touristes spéciaux mais ils nous prenaient tout, nous interdisaient tout… Ils nous snobaient.

-         Comme les touristes d’aujourd’hui ?

-         Là, tu exagères. Aujourd’hui ils sont plus bruyants, ils sont plus m’as-tu-vu, plus bon enfants, souvent.

-         Tu préfères maintenant ? Je crois que tu exagères et que tu n’as rien lu. Tu dis n’importe quoi pour me tirer les vers du nez

-         À la marelle de la guerre, il n’y a que des perdants.

-         Tu as dû commencer par la fin. C’est la dernière phrase, çà

-         Avec la guerre finit l’enfance

-         C’est en quatrième de couve. Relis le livre, nous en reparlerons plus tard

-         Bah ! Un livre qui ne parle même pas de chats. Attends que je fasse le mien, de livre !

-         Tu ne trouveras pas d’éditeurs

-         Chiche, avec quelques ronrons, quelques flatteries, quelques chatteries, j’y arriverai bien.

Je crois surtout que je t’ai mal habitué en te caressant dans le sens du poil.

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13 avril 2010 2 13 /04 /avril /2010 07:18

-         Alors, combien de livres as-tu signé à ce salon ?

-         Huit, dix en trois jours... Tu sais, Mouss’, on ne vas pas à un salon spécialement poutr signer ?

-         Et pourquoi y va-t-on ?

-         Pour rencontrer ses lecteurs.

-         Tu en as rencontré combien ?

-         Une bonne trentaine ?

-         Ils venaient tous pour acheter, je suppose ?

-         Oh, non, autrement j’aurais mis un petit mot. Ils venaient un peu par habitude. Çà fait une sortie en fin de semaine quand on n’a pas de bateau sur le Bassin d’Arcachon.

-         Je suis venu, tu sais, et tu ne m’as pas vu.

-         Si tu es venu, qu’as-tu vu ?

-         Des auteurs qui somnolaient sous la tente, d’autres qui cherchaient à accrocher les passants comme font tous les racoleurs,  bateleurs des jours de solde ou marchands de tapis, d’autres qui se figeaient devant leurs livres avec la moue méprisante des auteurs à succès qu’on ignore, sans compter ceux qui se levaient de temps en temps pour se gonfler avec l’air de dire : je suis là, vous savez, venez voir mes derniers écrits…

-         Ce sont les cris de salons !

-         Et les auteurs, ils ne crient pas ?

-         Non, ils attendent qu’on les reconnaisse. Ces salons seraient silencieux s’il n’y avait la foule.

-         J’ai vu, je me suis glissé avec elle. Tu sais ce qu’elle fait la foule ?

-         Elle cherche les nouveautés.

-         Mais non elle pousse, la foule, elle pousse ceux qui sont devant eux.

-         C’est pour çà qu’elle ne peut pas s’arrêter devant nos livres, la foule.

-         Quel est le meilleur moment d’un salon ?

-         L’inauguration.

-         Pourquoi l’inauguration ?

-         Parce que Juppé est passé entouré d’une nuée de gens qui tournaient autour de lui comme des mouches autour d’une mule qui sent l’important.

-         Qu’est-ce qu’il a fait Juppé ?

-         Il est passé, la tête haute en souriant avec l’air de Louis XIV bénissant ses sujets qui cherchaient à lui serrer la main.

-         Et qui c’étaient les gens qui passaient avec lui?

-         Des importants !

-         Ils cherchaient un livre, je suppose

-         Non, ils étaient là pour se montrer autour d’un important

-         Mais puisqu’ils sont déjà importants ?

-         Eux ce sont des importants de l’ombre. Pour une fois qu’ils étaient à la lumière.

-         La lumière ?

-         Oui on a rallumé les lumières quand ils sont arrivés.

-         Il n’y a pas d’autres temps forts ?

-         Si, la salle d’accueil où il y a le café et le jour de réception où il y a des petits fours.

-         C’est là que les auteurs se rencontrent ?

-         Non les auteurs ne se rencontrent pas, et puis ils n’ont pas le temps pour le cas où il y aurait quelqu’un qui viendrait sur leurs stand. Ils n’ont pas le droit d’être absents, les auteurs.

-         Qu’y a-t-il alors dans ces salles de café ou aux réceptions de la Mairie ?

-         Tous les pique-assiettes de salons

-         Si j’avais su, dit Mouss’, je serais bien allé les voir s’écraser autour du buffet. J’aurais ramassé quelques miettes, je suppose.

 

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7 avril 2010 3 07 /04 /avril /2010 18:10

C'est pourquoi j'annonce moi-même (le maître du chat)escale-du-livre.jpg

 

Escale du livre à Bordeaux (autour de Sainte Croix)

vendredi, samedi, dimanche : Yvonne Daudet, Charles Daney et Denis Blanchard-Dignac signront leurs livres:

Ma ville Interdite (Yvonne Daudet/Charles Daney)

Le charme discret de Bordeaux (Denis Blanchard-Dignac)

 

 

Aux Nouvelles éditions Loubatières.

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1 avril 2010 4 01 /04 /avril /2010 09:15

la-juge-1.jpg-         Tu as vu le résultat du concours francophone ?

-         Lequel ? De quoi s’agissait-il ?

-         De donner un mot qui signifie en français la même chose que buzz, chat, newsletter, talk, en anglais. J’en ai déjà parlé dans mon blog du 6 février.

-         Je parie que tu n’est pas content du résultat !

-         Pas du tout.

-         Et pourquoi ?

-         Parce qu’on n’utilise pas des mots déjà existants en vieux français ou en gascon, des mots qui sont dans un dictionnaire de chez nous.

-         Des mots anciens pour une technologie nouvelle ?

-         Pourquoi pas ? Montaigne disait bien que si le français n’y allait pas, « que le gascon y aille ». Que proposes-tu pour « buzz »

-         Le bordel. C’est à la fois le désordre et le bruit, et tout ce qu’on veut y mettre dedans

-         Et pour « chat » ?

-         Çà, c’est un scandale, de quoi nous déshonorer à jamais, nous les chats à quatre pattes et à fourrure. Je mettrais la blagasse

-         Pourquoi blagasse

-         Parce que blagasser, en gascon, c’est parler sans but et sans raison avec quelqu’un. Çà fait lavasse et longueur de temps. Tout le monde peut comprendre çà.

-         Pour  « newsletter » ?

-         La lettre particulière. Çà, c’est du français le plus pur.

-         Pour « talk »?

-         La prise de parole. C’est ainsi que vous dites, je crois, en politique ?

-         Et pour « people » ?

-         Là , franchement, je mettrais le mot gascon penchinet

-         Penchinet ?

-         Oui, celui qui se pavane, qui se croit, qui écoute les autres quand ils parlent de lui.

-         Et tu crois que ce sera adopté ?

-         Je ne me fais pas d’illusion. J’ai voulu m’inscrire au centre national des lettres et tu sais ce qu’il me dit le « webmaster » du CNL : « You have requested your pricipal location to up date…A.jpg

-         C’est du français, çà ?

-         Oui, du français administratif.

-         Et qu’est-ce que c’est qu’un webmaster ?

-         Un des nouveaux maîtres du monde.

-         Tu parleras d’eux dans ton bloc-notes, dis ?

 

 

 

Photographes Régine Rosenthal

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26 mars 2010 5 26 /03 /mars /2010 07:57
2-lavandi-re.jpg-         Tu es allé parler au Troquet, hier, que leur as-tu dit ?

- Prends mon papier, tu verras bien.

 

"De quoi peut donc parler l’Académie ce soir ? D’un dictionnaire, bien sûr/
Hilh de Pute est ce dictionnaire…
Un dictionnaire illustré avec talent par Pertuzé,

Un dictionnaire conservateur…comme tout dictionnaire

Des coups de gueule qui sont des coups de cœur pour forcer quelques mémoires qui risquent de s’engourdir.

Si les autorités se méfient de certains de ces mots, c’est qu’elles craignent comme la peste les débordements qui pourraient se retourner contre elles malgré les digues qu’elles entretiennent sous le nom de tabous qui changent selon les époques, preuve évidente qu’ils ont peu d’importance. La défiance des autorités n’est qu’un réflexe corporatif.

Ces jurons, ces imprécations, qui viennent du fond des âges, que nos pères ont dits avant nous, et les pères de nos pères, font d’autant plus partie de notre patrimoine que personne ne songe à nous les voler. Ils ne sont d’ailleurs pas encore à l’état de ruines, ce qui nous console.

 

Un juron du Midi, c’est une exclamation, une interjection, un dièse à la tonalité d’une langue forte ; c’est une ponctuation qui donne à la pensée le temps de la réflexion. L’expression physique étant chez nous plus rapide que l’expression orale, il faut à l’interlocuteur le temps de nuancer une parole qui tient en bouche un certain temps.

Les jurons, comme les injures, font partie d’un jeu à forme théâtrale  qui s’accompagne généralement de mimiques qui en accentuent les traits."

-         Pourquoi tu ne m’y as pas mené ?

-         Ce ne sont pas des histoires de chats, çà. Les chats ; çà miaule tout bas, ça ronronne.

-         Et le Gascon ?KOKOLO04.jpg

-         Tu as vu un Gascon ronronner, toi ?

-         C’est vrai, çà plastronne plutôt.

-         Eh bien, la langue gasconne c’est fait pour çà, pour faire peur aux rats, pour faire envoler les oiseaux, pour faire se terrer les souris.

-         Je comprends alors que tu ne m’aies pas amené. Tu ne cherche pas à me tromper au moins ?

-         Eh bé ! putain con! Te tromper ! moi qui ne dis jamais un mot plus haut que l’autre.

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21 mars 2010 7 21 /03 /mars /2010 07:11

 2-Nog-copie-1.jpgTu as vu ce qu’a dit le présentateur à la télé ?

       -         Quoi donc ?

      -         Que le XV de France allait rencontre l’Histoire

      -         Je croyais qu’il allait rencontrer les Anglais.

      -         Mais il a rencontré l’Histoire.

      -         Les Anglais aussi, sans doute

      -         Où ont-ils rencontré l’Histoire?

      -         Sur une pelouse de foot.

      -         Qu’est-ce qu’elle faisait en Angleterre ?
- La pelouse ou l'Histoire?
- L'Histoire.
- L’Histoire, c’est ce qu’on tricote jour après jour avec les évènements de la vie. Elle n’est pas devant, elle est derrière

-         « Cours camarade, l’Histoire est derrière toi ».

-         Ils ont connu, va-t-on dire, une victoire « historique ».

-         Puisqu’ils ont rencontré l’Histoire

-         Un record « historique »…

-         Je n’aime pas qu’on parle à tord et à travers. Tout rentre dans l’Histoire mais avec plus ou moins de fracas.

-         Alors c’est le PSG qui est entré dans l’Histoire. A cause de ses supporters.

-         On ne peut pas dire çà.

-         Bon. Donne moi des croquettes, je les vaux bien

-         Dis : « je les mérite bien » J’espère que tu vaux plus que des coquettes

-         Alors la jeune femme qui met de la crème parce qu’elle la vaut bien, elle ne vaut pas plus qu’un pot de crème ?

-         Sans doute. Je ne te le fais pas dire.

-         Bien. Je vais désormais parler comme les poètes

-         Tu feras bien

-         L’araignée est un animal au pied diligent

-         L’araignée n’a pas un pied mais quatre pattes

-         Oui mais des pieds diligents, çà veut dire quoi ?

-         Qu’ils sont zélés à botter le derrière des mouches avant d’en sucer le sang

-         Ah, bon. Le teint des jeunes filles est pétri de roses et de lys.

-         Tu as essayé de pétrir des pétales de roses avec des pétales de lys ?

-         Non.2nog-copie-3.jpg

-         Eh bien, essaye.

-         Et ce ciel toujours voilé qui change à chaque instant ?

-         Çà veut dire qu’il change en restant pareil à lui-même.

-         Tu en connais des choses qui changent à tout moment sans changer du tout ?

-         Oui, la politique.

C'est pour çà qu'il y a tant d'urnes derrière toi?

Photographies Jean Nogrady

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14 mars 2010 7 14 /03 /mars /2010 06:47

  
ANI_CAT.044.jpg-
         Tu as vu, la Martine, ce qu’elle passe à Frèche ?

      -         Bof ! Frèche est un gros du Midi et les gros du Midi, çà se lâche souvent.

       -         Il n’y a pas que dans le Midi

-         Tu veux dire que la Martine est une grosse ?

       -         Je n’ai pas dit çà, je pense à un sénateur du Nord qui s’appelait Ramette, un gros aussi

       -         Il dérapait aussi souvent que Frèche ?

       -         Çà arrivait, et en pleine Chambre encore. Un jour on l’entendit dire en plein Sénat : « Pour un oeil les deux yeux, pour une dent toute la gueule »

-         C’est ce que disaient les opposants à la peine de mort ?

-         Non, eux c’était plus distingué

-         Que disaient-ils ?

-         « Que Messieurs les assassins commencent ! »

-         Çà fait très vieille France : « Messieurs les Anglais tirez les premiers ! »

-         Tu ne te souviens de rien d’autre ?

-         Si. Un jour qu’on avait supprimé les bourses à des étudiants, qu’on leur avait « coupé les bourses » comme dit un député depuis son banc, on entendit la grosse voix de Ramette s’exclamer  « oh les pauvres ! »

-         On les leur a rétabli ?

-         Ce n’est pas à ces bourses là qu’il pensait. Depuis Abélard, on n’émascule plus dans les Universités

-         Du moins physiquement

-         Que veux-tu dire par là ?

-         Qu’on les émascule intellectuellement.

-         Les maîtres, tu sais, ils n’aiment pas qu’on les dépasse

-         Bien sûr : ils sont LA référence. Et puis, dans les Universités, il n’y a plus d’Héloïses.

-         Personne ne dit plus ou n’écrit plus çà depuis qu’il existe une loi sur les injures raciales et les discriminations sexuelles.

-         Si : Lyautey dans ses lettres du Tonkin.

-         Lyautey ? le Maréchal ?

-         Oui il dit comment, partant pour l’Indochine, il voyageait avec le fils adipeux d’un négociant2-Nog-copie-1.jpg bordelais (un gros encore) qui était là avec sa femme qui n’était pas sa femme mais se comportait comme sa femme, des célibataires qui se dévergondaient sous la chaleur des tropiques et la toute jeune épousée d’un officier des Indes, qui était vraiment sa femme, très mal à l’aise au milieu de tant de dévergondage, comme une « une chatte sur de la braise »

-         Une chatte sur de la braise ? Tu m’intéresses

Sadique, macho !!! Quand tu auras fini de rêver !

Photographie jean Nogrady
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12 février 2010 5 12 /02 /février /2010 11:46

caramel-2.jpg
-
         Tu as entendu, Caramel, notre maître a dit ce matin qu’il allait donner sa langue au chat

-         Que veut-il que j’en fasse, j’en ai déjà une, plus fine, plus rose, plus souple que la sienne.

-         C’est une façon de parler.

-         Pourquoi pas langue de chat contre langue de bois ?

-         La première est sucrée, la seconde insipide.

-         Je n’aime pas les ailurophobes : ils sont allergiques aux chats

-         Aucun de nous n’ayant voulu se frotter à eux, ils affectent de ne rien comprendre aux chats

-         Parce qu’ils ne cherchent pas à nous comprendre.

-         Ils sont avec nous comme chien et chat.un matelas de chien.

-         Erreur ! je m’entend bien avec le chien de la voisine.

-         Chat échaudé craint l’eau chaude

-         De toute façon échaudé ou pas il craint l’eau, même froide.

-         Il font pourtant une toilette de chat

-         À sec

-         Les ailurophobes doivent avoir un chat dans la gorge

-         Toutes griffes dehors !

-         N’auraient-ils pas d’autres chats à fouetter

-         Au chat à neuf queues ?

-         Allons, ne te fâche pas. Dans ce que je te dis, il n’y a pas de quoi fouetter un chat

-         Qui fouetter alors ? Toi ?

-         Les chats dépensiers qui sont amoureux (ou gourmands) comme une chatte

-         Pourquoi pas gourmands comme des gourgandines ?

-         La nuit, tous les chats sont gris

-         À l’exception de leurs yeux fixés éperdus à la lune.

-         Moi j’appelle un chat un chat

-         Et pourquoi m’appelles-tu Caramel ?

-         Quand je te vois jouer au chat et à la souris

-         C’est le jeu du foulard des jeunes chats, un jeu cruel

-         Comme jeter un chat aux jambes de quelqu’un.

-         Pourquoi pas un chien dans un jeu de quilles ?

-         Quand le chat n’est pas là, les souris dansent

-         Comme des petits rats ?

-         Baudelaire aime voir les chats passer entre les livres.

-         Moi, je préfère passer sur le clavier de l’ordinateur.

-         Pour écrire comme un chat ?

-         Tu ne lis jamais ce que j’écris.

-         Si, bien sûr mais il y faut des yeux de chat.

Ah, bon ! je croyais que tu allais parle d’œil de lynx.
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6 février 2010 6 06 /02 /février /2010 06:52

 

-1-adieux.jpg         Dis-moi donc, Caramel, le Secrétariat d’État à la francophonie organise un concours sur l’informatique…

-         Que veux-tu que ça me fasse ?

-         J’aimerais que tu y participes, afin que je puisse évaluer tes connaissances.

-         De quoi s’agit-il ?

-         De définir cinq mots

-         Allons, dépêche-toi. Quels mots ?

-         Chat

-         Tu te fiches de moi ?

-         Non

-         D’après Pablo Neruda  « Chaque chat est chat de la moustache à la queue ». Que puis-je te dire de mieux ?

-         Talk

-         C’est une poudre qui empêche des rougeurs des fesses des bébés. Il y a même des hommes qui se couvrent de talk quand ils vont à un rendez-vous pour ne pas avoir les fesses rouges.

-         Tuning

-         Çà, c’est la construction d’un tunnel

-         Buzz

-         C’est une piqûre de guêpe : bzzz, bzzz

-         Newsletter

-         C’est une nouvelle litière !

-         Eh bien, Caramel, tu as tout faux

-         Faux, moi ! Alors que j’ai décortiqué tous les mots : chat vient de cattus, dans tuning il y a tun comme dans tunnel, le buz c’est la bruit de l’abeille, le talk, c’est une faute d’orthographe. Çà arrive tu sais, qu’on remplace le c par un k, çà fait kulturel.

-         Et newsletter ?

-         Alors là, c’est clair.

-         Eh bien, non, ce sont des mots anglais.

-         Pourquoi les emploie-t-on en français?

-         Çà fait chic et puis, comme çà, les vieux ne comprennent pas.

-         Voltaire l’a déjà dit : « Une bouche française  / Semble broyer du fer ou mâcher de la braise »

-         Je vois que tu connais tes classiques mais tu ne connais rien à l’informatique

-         Si c’est une langue de fer braisé, évidemment que je ne connais rien. Et qu’est-ce que çà veut dire ?

-         Un « chat », c’est un bavardage, un « talk », une simple conversation, la « newsletter », une lettre d’information, le « buzz », c’est ce dont on parle partout bzz, bzz, c'est plus une enflure qu'une piqûre et « tuning » la mise au point, le bon accord musical.

-         Pourquoi ne pas dire comme tu dis ? Tu ne sais pas que la langue française est la plus précise du monde ?

-         Mais la plus paresseuse. Elle ne cherche jamais à donner aux mots étrangers leur identité nationale. Il faudrait toujours ajouter informatique.
tu sais, j’ai un vieux copain du Canada il assaisonne tous les mots, qu’ils soient français, anglais, chinois, ou basque à la sauce Québec , et çà marche.

-         Une langue du XVIIè siècle pour parler d’informatique, tu ne serais pas un peu dérangé ? Et pourquoi ne fais-tu pas le concours ?

-         Parce que je suis professeur et qu’on suppose que je sais tout.

-         Les professeurs ne se trompent jamais ?

-         Oh si, souvent, mais la différence, c’est qu’ils sont censés tout savoir.

-         Alors j’envoie tes définitions à qui ?

-         À franco.mot@diplomatiegouv.fr, jusqu’au 7 février .1-chats.jpg

Qu’on se le dise !
       - Qui t'as appris çà, toi?
- Mon maître qui est secrétaire perpétuel d'une académie?
-  Une académie?
-  Tu n'as qu'à voir "academiedubassindarcachon.blospot.com"
ou "academiedubassindarcachon.ning.com"


Photographies de Jean-Yves Béna et Jean Nogrady
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