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4 juin 2009 4 04 /06 /juin /2009 06:52

 

 Mon chat a une copine qui fréquente la maison de quartier près de chez moi. C’est une S.d.F qui dort la nuit sous les voitures mais vient chercher chaleur et croquettes près des familiers de la maison, personnages aussi désœuvrés qu’elle. Personne ne l’eut cru capable de déclencher une guerre et pourtant…

La guerre de Troie est partie de l’enlèvement d’une chatte, le casus belli du quartier eut une exclusion pour prétexte. Comme quoi des causes contraires peuvent avoir des effets semblables.

-     -         Que s’est-il passé au juste ?

-     -       Ce sont les bridgeurs qui ont affiché un placard contestataire sommant tout utilisateur de ses lieux de refuser croquettes et caresses au SDF. Ils demandaient son exclusion pédibus-militari et réclamaient l’assistance de tous pour cet acte ignoble entre tous.

-         Ce sont des snobs. Et pourquoi donc voulaient-ils l’expulser ?

-         Elle sentirait mauvais, laisserait des poils sur les sièges Les poils s’accrochent aux robes et pentalons de ces m’sieurs-dames et le s miaulements de la chatte les perturberait en les empêchant de se consentrer.

-         Qu’ont-ils besoin de se concentrer à leur âge ?

-         Les bridgeurs, comme les joueurs de scrabble, ont horreur qu’on les regarde. Ils sont sérieux, eux.

-         On dit qu’ « Un chat peut regarder un Roi »

-         C’est qu’ils ne sont pas Rois, ils sont retraités.

-         Il n’y avait personne pour défendre ta chatte blanche ?

-         Si : les artistes, peintres et couturières.

-         Qu’ont-ils fait ?

-         Ils ont réclamé par voie d’affichage leur droit à l’amour des chats et le droit des chats à venir dans la maison de quartier

-         Pas de quartier, pas de quartier ! rugissaient les uns

-         Il faut un abri pour tous gémissaient les autres

-         Mais ce chat est sale et laisse partout du poil  qu’il est difficile d’enlever.

-         Nous avons bien des fils sur nos robes et de la peinture sur nos blouses.

-         Mais vous êtes des gueux, des ravaudeurs de hardes et des barbouilleurs.

Là, c’étaient les mots de trop et ils ont bien faillir en venir aux mains tandis que la chatte blanche regardait de droite à gauche se former les camps.

-         Cette chatte est populaire. Elle a droit à la maison du peuple. Nous ferons un referendum

-         Nous refusons les étrangers.

-         Elle n’est pas étrangère, elle est différente. Et puis, elle est si gentille.

Les bridgeurs ne l'entendaient pas de cette oreille :
"Nous ne voulons pas des gens gentils, nous voulons des gens sérieux." disaient-ils.
Bridgeurs et joueurs de scrabble avaient des aversions très arrêtées et ne voulaient pas d’une démarche démocratique. C’était la guerre des intellectuels (les travailleurs du chapeau et les « pousseux » de cartes qui refusaient de fréquenter le troquet du coin ) contre les manuels heureux de pousser l’aiguille et de manier le pinceau.

Allions-nous avoir la guerre des renfrognés contre les braves cœurs ? La chatte était l’enjeu de ce conflit et laissait faire quoique son cœur penchât vers les croquettes.

Elle laissait faire mais n’aimait pas le bruit. D’un bond, elle a bondi sur les tables et en quatre coups de ses pattes agiles a répandu partout cartes et lettres des uns, et, pour faire bonne et, pour faire bonne mesure, bobines de fil et pinceaux
      -         Et tu la défends toujours ta chatte blanche ?

-         Bien sûr. C’est une chatte.


Quand les gendarmes sont arrivés (il y a toujours quelqu’un pour appeler les gendarmes) la chatte blanche avait disparu comme font les fantômes dans les crimes parfaits. Les hommes de l’ordre n’ont rien compris aux explications des uns et des autres. Il faisait chaud ce jour- là.

                                                                                     Les photographies sont de Régine Rosenthal

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commentaires

S
Et encore, ils ne l'ont pas accusée d'avoir des puces, ou pire des poux…

Bonne nuit.
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D
En quoi cette chatte peut les gêner, elle ne demande qu'un peu de nourriture et de chaleur.
Je te souhaite une bonne soirée.
Bisous.
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Y
Berk; moi je n'aime pas les gens qui n'aiment pas les chats! là! Des poils! des poils! et eux, il n'en ont pas des poils? D'abord est-ce qu'ils font bien leur toilette tous les jours comme nous les chats, hein, non, mais!
Allez, j'espère qu'elle va revenir en force la minette blanche! Ca leur fera les pieds!
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L
bonjour Charles
je vais venir avec mon épée contre ces joueurs pour les déconcentrer !!
c'est du racisme - stop aux différences - aux sans abrits -
heureusement la nuit tous les chats sont gris !!

amitiés lady marianne
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Q
Décidément, il faut toujours chercher la femme quand il y a un conflit !

(Mais est-ce que ça marche à tous les coups ?)

Les joueurs devaient être fort dépités, surtout celui qui pensait pouvoir gagner la partie !

J'aime bien l'idée que monsieur Chat soit le défenseur des demoiselles chattes, quelles qu'elles soient !
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