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17 avril 2009 5 17 /04 /avril /2009 06:29
La juge aux affaires matrimoniales dut se rendre à l'évidence : le couple Riquet voulait divorcer. Sa grand-mère lui avait si souvent raconté leur rencontre qu'elle voulut dans un premier temps s'en faire décharger. La curiosité aidant, elle n'en fit rien.
- Affaire suivante !
La conciliation n'ayant pas donné les résultats qu'elle escomptait elle les fit entrer l'un après l'autre. Lui d'abord, qui semblait plus conciliant.
- Ma femme et moi, Madame le Juge, avons décidé de divorcer pour incompatibilité d'humeur. . Même s'il fut fortement médiatisé, notre mariage ne fut qu'un mariage de raison. Naturellement je prends tout à ma charge.
- La requérante !
La princesse entrait plus chatte que jamais. L'interrogatoire durait.
La juge avait son air de chat-fourré.
La princesse minaudait
-Madame le Juge...
- Venons en au fait. Si j'en crois les témoignages, votre époux a continué à régler les frais de la maison
- Riquet a toujours assuré les dépenses courantes...
- Les dépenses courantes seulement? Vous empêchait-il de sortir? Lésinait-il sur vos dépenses personnelles? Vous reprochait-t-il de ne pas avoir d'enfants?
Si j'en juge par ce que dit Perrault sa naissance, son esprit, son humour, ses manières vous agréaient et vous avez fini par le trouver beau
- Oui da, madame la Juge et poiurtant, je suis malheureuse.
- Que lui reprochez-vous?
- Sa cruauté mentale, madame la Juge
Elle s'attardait à ces raisons qu'on ne trouve en abondance que dans les magazines qui plaignent les pauvres stars abandonnées.
- Comment dire? J'étais belle, j'étais sotte, j'étais courtisée. On me disait mille sottises que j'écoutais avec ravissement. Et qu'a-t-il fait de moi? Une femme intelligente dont on craint les réparties, une femme qu'on hésite à courtiser, une hôtesse que ne fréquentent plus que de vieux barbons empêtrés dans des raisonnements obtus. N'est-ce pas de la cruauté mentale?
La juge aux affaires matrimoniales se prit à têver à la petite fleur bleue des Reines d'un jour.
La princesse ne pouvait plus supporter Riquet parce qu'il était trop poli, trop attentionné. Elle avait rêvé d'un grand mariage, un mariage d'amour mais ce mariage arrangé, si mesquin avec ses exercices d'intelligence appliquée.. C'était d'un bourgeois!
- Avez-vous trouvé le voyou gentilhomme dont vous rêviez reprit la juge, excédée.
Un moment interloquée, la princesse répondit d'une voix glacée qu'elle aurait bien voulu, qu'elle était prête à attendre tout le temps qu'il faudrait, qu'elle allait se faire visiteuse de prison...
L'affaire fut mise en délibéré. Elle parut si compliquée qu'on en attend toujours le jugement.

Elle n'est pas bien l'histoire que j'ai dégottée au sommier du palais? dit mon chat.
Il en devenait vulgaire.
                                                             Les photographies sont d'Anthine pour la premièe, de Régine Rosenthal pour les deux autres.
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commentaires

V
Passée chez vous grâce à Quichottine... comme elle je n'ai pas beaucoup de temps.. comme elle je reviendrai. J'ai bien aimé le texte. bisous amicalement vivi
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Q
J'aime beaucoup... surtout les "attendu" postés en commentaire.

Ce ne sera pas une histoire enterrée. :)
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C
coucou , ils sont rigollots tes chats
bisous
cerisette
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A
Vraiment, ça se confirme : je suis fan...
Merci à toi de cet imaginaire revisité avec talent...
Amitiés
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C
Attendu que toute personne doit être acceptée pour ce qu'elle est, que changer la personnalité de quelqu'un est un cirme, que le Prince n'a daigné fréquenter la Princesse que lorsqu'elle est devenue spirituelle, elle obtint les circonstances atténuantes et le Prince fut condamné à lui assurer sa vie durant un train de vie qui puisse compenser sa sottise, chose facile dans ces milieux modernes infréquentables qui ne jaugent l'intelligence qu'à l'ampleur de la fortune.
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